
Comédien voix-off c’est mon métier.
Mais pour être toujours performant dans celui-ci, il faut continuellement travailler ses gammes. Comme un musicien travaille son instrument. Chez les voix-off, l’instrument c’est nous. J’irai même plus loin : bien sûr que nos instruments ce sont nos cordes vocales ou notre corps. Mais plus encore, l’instrument des instruments, s’il ne fallait en retenir qu’un seul : c’est notre âme !
Alors oui, pour la technique, il y a le coaching vocal. Pour ça je vous recommande un professionnel de talent (et qui va même au delà du simple caoching vocal) : Alexandre Damiani.
Pour la voix off, spécifiquement, il y a aussi des coachs. Je ne peux, là encore, que vous recommander des gens comme Pierre Maubouché. Un professionnel aguerri dans le métier et dont le professionnalisme et la qualité du travail n’est plus à prouver.
Et personnellement, pour nourrir l’âme, moi, j’ai l’acting. Et avec l’improvisation théâtrale, couplée à diverses techniques de différentes disciplines, on peut aider à débloquer l’âme, coincée par différents cadenas sociétaux et psychologiques.
A ce titre, il y a quelques jours (au moment où j’écris ces lignes) j’ai dirigé un atelier théâtre sur une thématique précise : la sincérité. Je vous en parle ici.
Dans mon atelier, j’avais un challenge conséquent : démontrer en quelques heures aux participants que le naturel est LA source du comédien.
Combien de fois entend t-on « ho j’ai trouvé que cet acteur ou cette actrice surjouait ». Ou « je trouve que ce comédien ou cette comédienne manque de charisme, on ne le / la voit pas ».
Cela peut très souvent s’expliquer par un manque d’incarnation du personnage. Et pour incarner un personnage, il faut le faire en retrouvant d’abord un naturel.
La plupart du temps, un débutant croit qu’il faut « faire » pour « montrer ». Alors que la clé est plutôt de « ressentir » pour « exprimer ». Ce qui est complètement différent !
Ce n’est pas de « jouer » le problème en comédie, en acting et tout particulièrement en voix-off. Non. Le problème c’est ce qu’on entend par là !
Alors on va remettre les points sur les i et rappeler les chats des chats !
« Jouer » au théâtre ou au cinéma ou même en voix-off, ce n’est pas « vaguement mimer le cliché que j’ai d’un personnage en y collant superficiellement des artifices posturaux et vocaux ». Jouer c’est plutôt « approcher la vérité d’un personnage en l’incarnant pleinement de notre vérité ».
En voix-off, quelqu’un qui a la mauvaise définition du jeu (et qui n’est pas doué naturellement à l’exercice ou n’a pas fait de formations en ce sens), va « parler à haute voix en mettant le ton qu’il faut derrière le micro ». Cette personne se trompe lourdement si elle croit pouvoir tromper celles et ceux qui vont l’écouter. Ca ne marchera pas. Ca ne « passera pas ». Mais qu’est ce qui ne passera pas ? Je vous le donne en mille : son âme !
Normal, il n’y en a pas. Donc pas d’émotions, donc pas d’intérêt, donc pas d’attention.

En revanche, ils doivent se connecter aux autres partenaires de jeu et rechercher la vérité de l’instant présent pour le vivre pleinement. C’est précisément à ce moment que la magie opère et que, naturellement, leurs incarnations racontent d’elles-mêmes une histoire !
Quand on est comédien voix-off, on sait l’importance des mots que nous confient nos clients.
Si la publicité est bien faite ou le message bien pensé, alors chaque mot à son importance. Tout a été calibré en amont, il faut donc que ça se ressente dans notre interprétation. Celle-ci doit être ciselée sur-mesure !
Mais ce que l’on sait aussi, c’est qu’il ne suffit pas de les appuyer mécaniquement dans notre tonalité ou notre rythme. Il faut y mettre du sens et raconter l’histoire sous-jacente au texte de par notre incarnation.
C’est la même chose au théâtre ou dans une scène pour un film. Le texte compte aussi mais le sous-texte est souvent (et très sûrement tout le temps) plus important encore !
Il y a mille façons de dire « je t’aime » ou « je te hais ». Et le sous texte peut raconter l’inverse ou encore autre chose. Et ça, ce n’est pas la prosodie du comédien ou le sens des mots qui opèrent cette magie. Mais c’est l’âme qui agit. L’âme agit = La magie ! Oui oui !

Mon approche de l’improvisation théâtrale que je pratique depuis plus de 13 ans, ainsi que mes diverses autres expériences artistiques, me permettent aujourd’hui de répondre à ces exigences.
Bien entendu, beaucoup de publicités veulent des incarnations plus ou moins teintées d’un personnage.
Mais que celui-ci se rapproche d’un jeu naturel ou du personnage plus clownesque ou comique, ce qui compte c’est d’avoir un comédien capable de cerner vraiment le « jeu » (ou le « je ») à utiliser.
Quant à mes élèves, je pense que cet atelier leur aura laissé de beaux outils à utiliser à la fois dans leur pratique du « jeu » mais aussi dans la vie de tous les jours, comme l’indique leurs témoignages audio.
(Merci Clément, Jennifer, Dominique, Thomas, Lucie, Sébastien et Sophie pour vos témoignages !)
Et vous, la sincérité, ça vous parle ?
Super article écrit par un vrai pro ! Je suis impatient qu’on fasse des choses artistiques ensemble Rodolphe !
Merci infiniment pour cette réponse donnée également par un pro, ce qui en renforce d’autant plus le retour et sa valeur ! 🙂 Au plaisir d’une collaboration artistique monsieur !
[…] mes articles précédents, je vous parlais de la sincérité. Eh bien, le sourire, c’est le prolongement direct de cette […]
[…] client n’a pas à payer pour « notre » voyage. Il attend une voix, une présence, une émotion juste. Pas l’agacement d’un passager qui vient de se faire dire « C’est ballo » par un […]